puce articleAux quatre coins du monde
article du 22 juin 2003

France - 2001
Auteur(s) : Anne Wiazemsky


Je suis nulle en Histoire, je ne retiens pas les dates, pas les faits, et pourtant je trouve l’Histoire fascinante. Le roman d’Anne Wiazemsky est situé entre 1917 et 1919, dans une Russie qui change radicalement.

Je me rappelle avoir lu un autre roman du même auteur (Une poignée de gens), qui, je viens de m’en apercevoir en le feuilletant à nouveau, a pour protagonistes les mêmes que ceux de Aux quatre coins du monde. Honte sur moi de ne jamais me souvenir de mes lectures (d’où d’ailleurs ce Bond Public destiné à me rappeler ce que j’ai lu un jour).

NARRATION : Anne Wiazemsky a une facilité déconcertante à portrayer ses personnages, tous décrits au travers d’artifices d’écritures différents. Qui au moyen de son journal intime, qui au travers des lettres qu’elle écrit à son mari, qui simplement sous l’oeil scrutatif d’un narrateur fidèle et observateur.

PERSONNAGES : Aux quatre coins du monde" est une histoire de femmes avant toute autre chose. De femmes qui, dans une Russie passant du blanc au rouge (au figuré comme au propre pour elles dont les frères, maris et amis ont été assassinés ou se retrouvent au front), tentent de trouver une raison de rester. Olga l’active, persuadée que les blancs reprendront le pays. Xenia la peureuse défaitiste, et pourtant réaliste qui ne rêve que d’envoyer ses enfants à Londres pour les sauver de la Russie qu’elle ne reconnaît plus, Nathalie la dure et lucide, qui s’enferme dans une tristesse inpénétrable et regarde un monde s’écrouler et un autre prendre sa place, Tatiana l’enfant, dont l’insouciance, avec l’arrivée de l’adolescence, se teinte de prise de conscience. Ces quatre femmes racontent leurs vies, leurs hommes, leurs espoirs et leurs luttes, leurs jeux et leurs défaites.

Un beau roman, dans lequel j’ai mis un peu de temps à rentrer, mais de ceux qui vous attrappe doucement pour ne pas vous lâcher. Ces deux années de préparation à l’exil sont à la fois simples et fortes, et Anne Wiazemsky trouve le ton de narration qui nous fait redevenir un peu l’enfant à qui l’on conte une histoire, et qui, lorque l’on atteint la dernière page dit... "c’est déjà fini ?". Je suis bon(d) public sans mémoire, mais je crois bien que je vais relire "Une poignée de gens", peut-être simplement pour retrouver cette atmosphère dure et feutrée d’une Russie en devenir.





Résumé : 1919 - Yalta - Olga, Xénia, Tatiana et Nathalie se préparent à fuir la Russie en prenant le bateau qui les mènera vers l’Angleterre. Retour en arrière. 1917 - "L’armée allemande, victorieuse sous tous les fronts, poursuivait son avancée sur Petrograd. Le front russe était en totale décomposition [...]" racines de l’exil. Les mêmes femmes racontent, ou sont racontées.
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