
Il est plus facile pour un chameau...
article du 20 mai
2003 France - 2003
Réalisation : Valeria Bruni Tedeschi
Avec : Valeria Bruni-Tedeschi(Federica), Chiara Mastroianni (Bianca), Jean-Hugues Anglade (Pierre), Denis Podalydès (Philippe), Lambert Wilson (Aurelio), Marysa Borini (la mère), Roberto Herlitzka (le père), Yvan Attal (l’homme au jardin),Emmanuelle Devos (la femme de Philippe)
"Il est plus facile pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume de Dieu." (Evangile selon Saint Marc 10, 17-30 - L’appel du riche)...qui finit aussi par ces mots : "Beaucoup de premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers". Et c’est ainsi que commence le film de Valeria Bruni Tedeschi.
Qui a dit que l’argent ne fait pas le bonheur ? Celui là avait peut-être raison. Valeria Bruni Tedeschi retrace dans un film que l’on dit autobiographique les tâtonnements de Federica en quête de bonheur.
SCENARIO : Autobiographique ou pas, peu importe. Je regrette peut-être juste un peu le "chaotique" du scénario, qui suit les méandres de Federica et laisse parfois un peu sur sa faim. Mais finalement,"Il est plus facile..." est chaotique comme un conte de fées, et fluide comme la vraie vie, ou le contraire, à vous de voir. Je me dis que tout le monde ne se retrouvera peut-être pas dans cette fable d’une vie somme toute banale, mais j’y ai trouvé mon compte. Au delà du "riche", n’y a t’il pas là tout simplement la question éternelle de ce qu’est le bonheur, et d’où il faut le chercher ?
REALISATION : Le ton est donné dès les premières scènes, Federica est gauche, mais elle conduit une Jaguar. Paradoxe qui sous-tend tout le film. De l’appartement "trop cher pour toi, mais pas assez pour moi" à cette tirade brute et acide de la mère à Philippe qui exprime la douleur qu’a vécu son père, "La vie est dure, pour tout le monde". Valeria Bruni-Tedeschi parvient à caler tous les personnages dans leur environnement, à creuser les blessures de chacun, sans complaisance ni voyeurisme. Bien vu.
ACTEURS : Valeria Bruni Tedeschi est parfaite, jouant la détresse de Federica avec justesse et ce qu’il faut de douleur, ce qu’il faut de candeur. Chiara Mastroianni en benjamine écorchée est parfaite, Lambert Wilson en oisif désabusé est vrai. Jean-Hugues Anglade en Pierre révolutionnaire est juste révolté comme il le faut.
Je suis bon(d) public, maintenant c’est connu, et pour une fois, je me dis que ce film peut en déranger certains comme en enthousiasmer d’autres, peut-être parce que "tout dépend du côté de la barrière où l’on se trouve. Moi j’ai aimé. Qu’en sera t’il pour vous ?
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