
Ninotchka
article du 15 mars
2002 USA - 1939
Réalisation : Ernst Lubitsch
Avec : Greta Garbo (Ninotchka), Melvyn Douglas (Léon d’Algout), Ina Claire (Swana), Bela Lugosi (Commissaire Razinin),Sig Ruman (Michael Simonavich Iranoff),Felix Bressart (Buljanoff), Alexander Granach (Kopalski).
Tout a été dit, et son contraire, sur ce film lancé par la promesse d’un "Garbo rit" si longtemps attendu à son époque.
Peu importe ce qu’on en a dit, de mal ou de bien, ce film reste l’un de mes films cultes, car il est à l’origine de mon intérêt pour le cinéma en général, pour les films américains des années 30 à 50 en particulier, de mon amour pour Lubitsch et de ma fascination pour Garbo.
ANECDOTE : Je devais avoir 13 ou 14 ans, quand mon cousin et ma tante m’ont enjointe un soir d’enregistrer au Cinéma de Minuit un film avec une certaine Greta Garbo, en noir et blanc, et en VO. Trois choses qui a priori ne devaient pas me réjouir outre mesure. J’ai donc cédé à la pression, et enregistré, sur notre magnétoscope de l’époque, avec antenne intérieure qu’une simple mouche voletant trop près faisait grésiller, ce fameux film. Que j’ai dû regarder un mois plus tard, l’ayant entre-temps complètement oublié. Je peux sans peine imaginer que c’était un soir de pleine lune glauque, et que je m’ennuyais à mourir. C’est ainsi que le cinéma est entré dans ma vie, par la petite lucarne.
SCENARIO/REALISATION :Ninotchka est probablement l’archétype du cinéma d’une époque, histoire ultra-romantique sur fond d’anti-communisme primaire (ou de pro-capitalisme primaire, c’est selon), mais les deux traités avec un humour qui me fait encore rire, après allez...15 "relectures". On ne se lasse pas des mauvais bons mots, car ils ont le mérite dans un cadre historique quelque peu forcé de permettre une double lecture, anti-communiste au premier degré, et plus nuancée au deuxième.
Ninotchka, Iranoff, Buljanoff et Kopalski à Moscou pour une omelette
La partie du film qui se déroule à Moscou est un must de propagande anti-communiste des films hollywoodiens du milieu du siècle. Témoin cette scène entre Ninotchka et sa "camarade" de chambre Anna. Ninotchka rentre de Paris et prévoit de partager une omelette avec ses amis Iranoff, Buljanoff et Kopalski :
ANNA : an omelet ? Aren’t you living a little above your ration ?
NINOTCHKA : I’ve saved two eggs and each of my friends is bringing his own. We’ll manage.
ANNA : It just goes to prove the theory of our State. If you stand alone it means a boiled egg, but if you’re true to the collective spirit and stick together, you’ve got an omelet.
Ninotchka est un grand Lubitsch. Direction d’acteurs impeccable, chaque "star" est à sa place, et le contre-emploi de la Divine est bien trouvé.
Greta Garbo et Melvyn Douglas...ou la belle se laisse conter fleurette
ACTEURS : Garbo rit, et éclaire de sa fausse froideur scandinave (russe pour l’occasion), cette farce romantique animée par le trio de choc Iranoff, Buljanoff et Kopalski.
N’oublions pas Melwyn Douglas et Ina Claire, respectivement en comte et grande-duchesse, qui brossent de l’aristocratie de l’époque un portrait satirique et prêtent à leur personnages le cynisme voulu.
A voir absolument. Mais j’oubliais...je suis bon(d) public.
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