
La reine morte
article du 5 janvier
2003
France - 1947
Auteur(s) : Henry de Montherlant
Le théâtre a cela de difficile que lorsqu’il est "lu", il perd probablement beaucoup de sa force. Non pas que la reine morte ne soit pas une pièce "forte", mais plutôt que sa lecture la rend un peu plus difficile à appréhender dans son ensemble.
En fait, la plus grande difficulté réside dans le fait que l’édition de poche comporte les coupes envisagées par l’auteur, et que du coup, je me rends compte que ma lecture en a été quelque peu gênée, me demandant à chaque coupe ce qui avait pu la motiver. Bizzare d’amputer son oeuvre soi-même.
Bref, là n’est pas le propos. Je n’avais jamais lu Montherlant, et cette pièce m’était donc totalement inconnue. En me renseignant un peu sur le personnage (l’auteur), je dois avouer que j’abordais la pièce avec une certaine méfiance.
Méfiance balayée par la force des sentiments qui se dégagent de l’oeuvre. De l’honneur à l’amour, en passant par une réflexion sur le pouvoir et ses attributs, Montherlant parvient à servir une palette multiple et fascinante des désirs et des déboires humains. Chaque personnage porte en lui une part de ce que nous sommes tous, ou de ce que nous voudrions être.
Une pièce qui doit gagner à être vue. Même si l’on est bon(d) public. |