
The Left Hand Of Darkness
article du 29 octobre
2002
UK - 1969
Auteur(s) : Ursula LeGuin
Science fiction. Ce n’est pas trop mon truc, voire même, je suis pas du tout dans le truc. J’ai commencé ce bouquin un peu à reculons, et je dois avouer que les premières pages m’ont presque rebutées. Mais, divine surprise... plus avant dans l’histoire, je n’ai pas pu m’arrêter.
L’idée est simple : un conseil "oecuménique" et interplanétaire cherche à rallier toutes les planètes habitées de la galaxie dans le but d’échanger connaissances et cultures. Genly Ai en est le porte-parole sur Winter, et seul de son "espèce", il tente de convaincre les différentes autorités de la planète de rejoindre l’Ekumen.
Ce roman, avant même d’être un roman de science fiction, est un roman sur l’amitié, et une réflexion sur le pouvoir et les relations humaines.
L’histoire, bien que difficile à suivre au départ, n’est finalement qu’une trame excellente pour les réflexions poussées par les personnages.
La particularité des habitants de Gethen/Winter est qu’ils sont tous du même sexe, ou plutôt parfaitement androgynes. Leur "sexe" se déclare une fois par mois, au moment du Kemmer, et leur taux d’hormones les "tranforme" en homme ou en femme, indifféremment. Ainsi chacun peut être tour à tour père ou mère.
La particularité de Gethen/Winter est d’être une planète en proie à un froid glacial, même au coeur de l’été.
Cela dit, le décor est planté, et permet à Ursula LeGuin d’analyser au travers de l’étude que ne peut s’empêcher de conduire Genly Ai, étranger et étrange dans ce monde, les différents rapports entre les hommes, et notamment les rapports de pouvoir. Qu’il analysera tout particulièrement dans son amitié avec Estraven, l’un des seuls intéressés par sa proposition d’alliance à l’Ekumen.
Il est extrêmement difficile de réduire à une "critique web" la portée des réflexions que suscitent ce roman. Les rapports humains y sont complexes, et d’une intensité rare. On touche de près le lien fondamental qui unit les hommes, ou les sépare. Ursula LeGuin parvient à disséquer la peur, l’amour, la curiosité et le pouvoir en obligeant le lecteur à se positionner en observateur-bistouri.
Un grand roman, dont j’ai bien peur qu’il ne soit pas traduit en français. C’est bien dommage, même si je suis bon(d) public. |