puce articleComme une image
article du 20 novembre 2004

France 2004
Réalisation : Agnès Jaoui
Avec : Marilou Berry (Lolita), Agnès Jaoui (Sylvia), Jean-Pierre Bacri (Etienne), Laurent Grevill (Pierre), Virginie Desarnauts (Karine), (Keine Bouhiza) Sébastien, Grégoire Oestermann (Vincent), Serge Riaboukine (Félix), Michèle Moretti (Edith).

Aigre-doux. J’ai du mal à trouver d’autres mots pour tenter de dire le goût que m’a laissé Comme une image. Je l’ai vu deux fois, dans des circonstances différentes mais il m’a touchée de la même façon. Peut-être parce que j’ai moi aussi eu dix-sept ans ?

SCENARIO : Jaoui et Bacri ont cette plume inimitable qui sait rendre d’une seule phrase tout le tragi-comique de la vie. Le scénario est fluide et donne sa chance à chaque personnage. "Tranche de vie" est évidemment le premier terme qui me vient à l’esprit pour décrire ce bout d’histoire d’une adolescente mal dans sa peau, entourée d’adultes pas beaucoup mieux dans leur peau, en fait. L’évolution des relations entre les principaux protagonistes est illustrée avec grâce, sans cliché ni facilité. Les dialogues sont simples et pourtants percutants. On rit beaucoup dans Comme une image, on rit pourtant jaune. Enfin, *j*’ai rit jaune. Je me demande parfois si tout le monde prend ces dialogues au premier ou au second degré. Un scénario tout en finesse.

ACTEURS/PERSONNAGES : Marilou Berry prête son physique débonnaire et sa force intérieure à Lolita. Je salue ici sa performance, pour des raisons toutes personnelles. Je me suis reconnue en Lolita et ses préoccupations, moi hier, moi aujourd’hui. Jean-Pierre Bacri prête à Etienne la dose de misanthropisme qui s’impose. Bourru, imbu de lui-même, incapable de voir plus loin que le bout de son nez, il passe à côté de la vie en général, des autres en particulier. Agnès Jaoui est extraordinaire en femme aimante et professeur de chant un peu frustrée. Elle incarne Sylvia avec une justesse hors du commun. Laurent Grevill interprète Pierre avec brio, auteur en recherche de reconnaissance qui oublie vite d’être reconnaissant. Virginie Desarnauts fait de Karine une fausse ingénue parfaite, délicate dans la brusquerie. Reste à décerner une mention plus que spéciale à Grégoire Oestermann, qui réussit l’exploit d’incarner Vincent, personnage inexistant, avec une présence incroyable.

Critique et vraie, cette histoire est peut-être bon(d) public, peut-être pas. Je sais seulement qu’elle m’a touchée plus que je ne saurais dire.




Résumé : Lolita chante, a dix-sept ans, son père est écrivain et connu. Lolita se trouve moche, voudrait faire du chant son métier, ou peut-être pas. Elle énerve son prof de chant Sylvia qui pourtant est fan de l’œuvre de son père et mariée à un écrivain. Rencontres et dénouements.
D'autres films avec :
Vous voulez réagir à cet article ? le forum, c'est
© notafish 2002-2013 - site hébergé par ouvatonlogo ouvaton
ce site est publié grâce à spip logo spip