
Où le regard ne porte pas... (tome 1)
article du 23 septembre
2004
lu (ou relu) le 21 septembre 2004
France 2004
Auteur(s) : George Abolin / Olivier Pont
J’innove. J’avais des vélleités au début du Bond Public de parler de BD. Mais j’ai trouvé que je n’avais pas assez de matière. Et puis il y a quelque jours, lors d’un coup de sang au rayon BD d’un grand magasin, je suis tombée par hasard sur ces albums... Rencontre.
Barellito, 1902...
© Dargaud - Pont - Abolin
DESSIN : Je ne suis pas sûre de savoir exprimer ce que je pense des dessins de cet album. La couverture tout d’abord, est un chef d’oeuvre. C’est un peu à cause (ou grâce à elle) d’elle que j’ai craqué pour cet album. Le dessin d’Olivier Pont est un dessin qui prend au coeur. Le trait souple rend les personnages plus que vivants, présents. Sans parler des décors fabuleux de l’Italie. Je manque de qualificatifs, de superlatifs, je manque tout simplement de mots pour retranscrire mon émotion à la lecture de cet album. Je suis rentrée dans l’image comme on rentre en religion, sans réserve.
Lisa et Francesco
Olivier Pont maîtrise aussi bien le personnage que le paysage, le doux comme le violent (les passages "rêvés" sont aussi puissants que le reste est doux). Clair, joyeux, lumineux, magnifique.
SCENARIO/DIALOGUES : La difficulté en BD est toujours l’adéquation entre le texte et le dessin. Il y a des parti-pris, comme celui de Blake et Mortimer, qui donnent une importance majeure aux "bulles", on aime, ou on n’aime pas. George Abolin et Olivier Pont ont trouvé avec Où le regard ne porte pas... un juste milieu. Le dessin parle souvent, les personnages moins, mais le tout reste équilibré, avec juste ce qu’il faut d’explications" pour ne pas perdre le lecteur, et juste assez de silences pour le laisser rêver. Cette première partie au scénario plus léger que la seconde pose les bases d’une histoire étrange, mais les pose bien. Les thèmes abordés sont aussi plus "terre à terre" que ceux de la suite. La xénophobie des villageois à l’égard de William et de sa famille,
William
l’esprit visionnaire du père de William et l’obstruction que celui-ci rencontre, plus par ignorance et jalousie que par véritable idéologie... Tout cela vu par les yeux de William, narrateur principal mais pas unique, yeux d’enfants qui cherchent à comprendre ce qui les entoure.
Il y avait longtemps que je n’avais pas autant apprécié une BD. Longtemps que je ne m’étais pas évadée dans l’image. En tant que bon(d) public, je ne peux que remercier les auteurs du cadeau qu’ils m’ont fait. |