puce articleLes clochards célestes (The Dharma Bums)
article du 9 septembre 2004
lu (ou relu) le 17 août 2004
USA - 1958
Auteur(s) : Jack Kerouac


Jack Kerouac... le nom fait partie de ces auteurs un peu mythiques qui peuplent ma culture de surface. Le genre "faudrait avoir lu une fois dans sa vie, histoire de pouvoir en parler".

Il y a toute une histoire derrière la lecture de ce roman quelque peu déroutant. Une soirée d’un club de lecture de la Belle Province à laquelle je devais assister, lecture obligatoire : Les clochards célestes. Je prends donc le bouquin sur la route, entre le Saguenay et le Saint-Laurent, en passant par le Lac Saint-Jean. J’ai cru que je n’arriverai jamais au bout (du bouquin, pas de la route). Et j’ai lu plus que jamais pourtant pendant ce voyage (environ quinze livres en un mois). Remarquez, heureusement que je l’avais, celui-là, il m’a évité de rentrer chargée de bouquins québécois magnifiques et de payer des excédents de bagages.

Bref, passons sur l’anecdote, et rentrons dans le vif du sujet. Je ne sais pas très bien par où commencer...

ECRITURE/NARRATION : Première constatation, j’ai lu (contrairement à mon habitude) ce roman dans sa version traduite, je ne peux donc juger que de façon partielle les qualités littéraires de Kerouac (si tant est que je puisse me permettre un tel jugement). Ben...c’est pas terrible. Ca part dans tous les sens, sans continuité véritable, une espèce de "train of thought" sans queue ni tête, parsemé de poèmes incongrus (et terribles) et de considérations sans intérêt aucun. Soit dit en passant, j’aime assez l’absurde, et, rendons à César ce qui appartient à César, j’ai adoré par exemple les tirades sans queue ni tête de Morley, qui sans que j’en saisisse vraiment le sens m’ont au moins arraché un sourire. Narrateur omniprésent, Ray (le personnage principal) raconte sa vie platement, sans inspiration aucune. Je sauverai le seul épisode de ce roman qui m’a plu, tout au moins par l’écriture, à savoir l’ascension du Matterhorn et le rendu des paysages grandioses et de leur appréhension par les personnages. A ce stade là de l’histoire, je me suis dit qu’il y avait peut-être de l’espoir. Mais...

HISTOIRE/PERSONNAGES : ...non. Aucun espoir. Je dois être trop urbaine, ou trop vingt-et-unième siècle, ou trop coincée, ou même trop vieille, pour éprouver quelque sympathie que ce soit à l’égard de ces ’clochards célestes’, dont la vie n’est qu’un vaste chantier de masturbation intellectuelle. La bande de "clochards zen boudhistes qui capotent [pour les français de France : ’tripent’] sur l’idée de ne penser à rien en faisant du camping tout nus dans les montagnes" (merci à Jean-Sébastien pour avoir si bien résumé ma pensée) m’a laissée froide. Ce Ray et son poil dans la main de dix kilomètres de long m’ont énervée plus qu’autre chose. Son histoire est absolument inintéressante, lui l’est encore plus. A vrai dire, je crois que n’importe lequel des autres personnages a plus d’intérêt que lui. Je n’ai à aucun moment trouvé l’extase à laquelle il parvient à la fin du roman. Peut-être devrais-je me mettre au bouddhisme ?

Bon, voilà, j’ai lu Kerouac une fois dans ma vie, je peux donc en parler. Même pour un club de lecture de la Belle Province, je ne relirai pas de sitôt. Je resterai avec ma culture de surface, mon non-bouddhisme intégral, et mon attitude simpliste de bon(d) public. Qu’on se le dise.





Résumé : Ray est un routard-né, à la recherche d’un sens à sa vie. Il raconte son périple au travers des Etats-Unis, aux côtés des "clochards célestes", une galerie de personnages étonnants ou simples adhérant au bouddhisme.
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