
Joue-la comme Beckham (Bend It Like Beckham )
article du 4 mars
2004 vu (ou revu)
le 12 janvier 2004 Allemagne/UK/USA - 2002
Réalisation : Gurinder Chadha
Avec : Parminder K. Nagra (Jesminder ’Jess’ Bhamra), Keira Knightley (Juliette ’Jules’ Paxton), Jonathan Rhys-Meyers (Joe), Anupam Kher (Mr. Bhamra), Archie Panjabi (Pinky Bhamra), Shaznay Lewis (Mel), Frank Harper (Alan Paxton),Juliet Stevenson (Paula Paxton), Shaheen Khan (Mrs. Bhamra)
Il y a un truc bien avec ce site, c’est que j’en apprends tous les jours, et me couche moins ignorante chaque soir. Qui l’eût cru, ce que j’aurais sans hésitation qualifié de cinéma british est en fait une co-production pan-europeo-américaine. Intéressant. Quand ce film est sorti, j’ai eu envie de le voir. Puis le temps passant, je l’ai raté. J’ai donc profité d’une soirée tranquille pour le louer, et je regrette maintenant de ne pas l’avoir vu sur grand écran.
SCENARIO : Au vu du titre, on pourrait penser qu’il faut être fan de foot pour apprécier ce film. Il faut déjà savoir qui est Beckham. Ma culture sportive est proche de zéro, mais bon, j’avais ma petite idée sur qui était le lascar. et venant de passer quelques jours à Londres, je dois avouer que j’étais sûre de mon coup, c’est bien de foot qu’il s’agit. Le foot qui là n’est que prétexte à une comédie bien ficelée, à la fois réjouissante et pleine de ces analyses de la société qu’affectionne particulièrement le cinéma britannique. Sur fond de foot donc, Joue-la comme Beckham (drôle de traduction d’ailleurs, pour un titre intraduisible) est une comédie de moeurs qui réussit à aborder tout plein de sujets intéressants, de l’intégration de la population hindoue dans la société britannique, en passant par la place de la femme ou les rapports parents/enfants dans différentes cultures. Une belle prouesse. Un scénario tout en finesse, qui aborde tous ces sujets avec délicatesse et drôlerie, sans jamais tomber dans la caricature. L’amitié des deux jeunes filles, mal interprétée, donne lieu à une réflexion sur l’interprétation hâtive des apparences... on ne voit que ce que l’on veut bien voir. Les histoires parallèles de Pinky folle de foot et Jess folle de son futur mari dépeignent avec justesse les différentes réactions de ces jeunes immigrés de la deuxième génération par rapport à leur culture d’origine. L’une s’en sort en brisant les règles, l’autre en les respectant...jusqu’à un certain point.
PERSONNAGES/ACTEURS : Les deux actrices principales, Parminder Nagra (en qui vous aurez reconnu Neela, apparue à la fin de la dernière série en date d’Urgences) et Keira Knightley forment un duo d’amies de choc. De ces adolescentes déjà femmes, qui s’aiment et se déchirent, s’apprennent et se découvrent, elles font de beaux personnages, hauts en couleur et plein de sensibilité. Jonathan Rhys-Meyers joue impeccablement l’entraîneur au coeur tendre et à la vie dure. Il incarne cette partie de la société britannique défavorisée et un peu perdue, qui vient équilibrer le regard que l’on pose sur la condition de Jess (finalement pas si mauvaise dans une famille aimante et plutôt bien intégrée).
Juliet Stevenson mérite une mention. En mère de Jules fabuleuse de bêtise et de tendresse à la fois, elle démontre finalement que tout le monde peut changer. Le couple d’ailleurs est intéressant, parents en miroir (la mère est complètement dépassée par sa fille, que le père soutient complètement dans sa démarche), ils donnent à eux deux une belle leçon d’optimisme.
Ce film est un petit bijou. Pas un grand chef d’oeuvre, mais une belle histoire, agréable et bien filmée. Même si vous n’êtes pas bon(d) public pour le foot, je vous la recommande.
|