puce articleLife For Rent (Album)
article du 21 novembre 2003

Interprète : Dido
Paroles/Musique : Dido Armstrong / Rick Nowels / Rollo Armstrong
Album : Life For Rent (2003)

Oh bien sûr, d’aucuns diront que je ne fais pas dans l’originalité la plus complète, en chroniquant sur un album placé dans les premiers au hit parade mondial. Pourtant, c’était pas gagné, ce deuxième album de Dido. En tous cas pas pour moi.

Tentons de planter le décor. Le premier album de Dido, No Angel, fait partie des piliers de ma discothèque. L’un de ceux que j’écoute en boucle au début, et vers lesquels je me tourne les soirs de grisaille. Il fallait donc que le deuxième soit à la hauteur.

"White Flag", la première chanson de cet album à être passée sur les ondes, m’a d’abord laissée froide. Puis, à force de l’entendre, je me suis laissée séduire. Petit à petit, "White Flag" a fait son chemin, et m’attachant aux mots, je me suis à l’aimer. J’ai alors trouvé le moyen (illégal) d’écouter l’album en entier. Nouvelle déception. Je le trouvais moins époustouflant que ne l’avait été (au moins dans ma mémoire) le premier, qui m’avait laissée coite. Et puis, force de l’habitude aidant... j’ai fini par m’attacher. Vraiment. Et par l’acheter.

Mélancolique à souhait, cet album est peut-être plus posé que "No Angel", plus abouti. Je comparerais (et les puristes me pardonneront) ces deux albums aux romans des soeurs Brontë, "No Angel" serait "Les Hauts de Hurlevent", avec des chansons de génie (Hunter, Isobel) et d’autres qui m’ont presque énervée (Honestly OK, la plage que je saute systématiquement) alors que "Life For Rent", serait "Jane Eyre", moins prenant au premier abord, mais qui tient largement, sinon mieux, la distance. Dido dans ce deuxième album gagne en finesse et en profondeur. Bien sûr, vous aurez peut-être compris que mon intérêt premier dans la musique sont les mots. Ceux de Dido sonnent juste. Sa voix chaude et sans fioriture, son accent léger très "BBC English" confèrent à ses chansons une émotion toute en retenue, qui ne me laisse pas indifférente.

De "Life For Rent"
I haven’t ever really found a place that I call home/I never stick around quite long enough to make it/I apologize that once again I’m not in love
à "This Land is Mine", This land is mine, but I’ll let you rule/I’ll let you navigate and demand/Just as long as you know...this land is mine
en passant par l’incroyable shadow track "Closer",
The closer you get, the better I feel/The closer you are, the more I see/Why everyone says I look happier/When you’re around/The closer you get, the better I feel ,
les mots se répondent, retraçant les différentes étapes de sentiments justes et beaux. D’affirmations simples en interrogations feutrées, accompagnées de guitares douces ou de claviers discrets, Dido déroule ses mots comme autant de tapis moletonnés sur lesquels on a envie de s’asseoir en tailleur, pour écouter, simplement.

Je suis bon(d) public, et ça me plaît.




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