
Les soeurs Parker et les ravisseurs (The Secret at Lone Tree Cottage)
article du 13 octobre
2003
lu (ou relu) le 4 octobre 2003
USA - 1934
Auteur(s) : Caroline Quine
Chose promise, chose due, voici donc un article sur ces fameux bouquins de la Bibliothèque verte dans lesquels je me suis replongée ces derniers jours. Deux volumes des "Soeurs Parker".
J’ai le souvenir d’avoir découvert les enquêtes des Soeurs Parker après la série des "Alice". Je ne saurais pas dire aujourd’hui si mon indigestion il y a de cela une vingtaine d’années de "romans" de tout poil de la bibliothèque verte est à l’origine aujourd’hui du Bond Public, mais pourquoi pas.
Je me rappelle aussi avoir toujours préféré les Soeurs Parker à Alice, que j’ai fini par trouver un peu mièvre, à l’époque. "A l’époque" parce que je dois avouer que relire "Les aventures des Soeurs Parker" quand on a trente ans oblige à reconsidérer ses valeurs d’antan.
Que dire... Je peux difficilement disserter sur la valeur littéraire d’un roman comme celui-ci, qui en manque cruellement. Je vais plutôt tenter la critique post-adolescente.
Rendons à César ce qui appartient à César, les Aventures des Soeurs Parker, si elles ne sont pas à ériger au panthéon des grands ouvrages de ce siècle, ont au moins le mérite de raconter une histoire. Je me vois encore à genoux les coudes posés sur mon lit (ma posture favorite pour lire), le soir avant de me coucher, tremblant à l’idée que les Liz et Ann se fourraient encore dans des situations impossibles, au nez et à la barbe des adultes sensés les surveiller, qui finissaient toujours par leur pardonner leur escapades dangereuses, car elles résolvaient moult mystères et rendaient les gens heureux.
Je ne voyais pas alors le côté bien pensant de ces jeunes filles dans un "collège" (université ?) de filles, à qui tout souriait. Belles, intelligentes, pas riches, mais pas pauvres, surdouées en tout et surtout détectives hors pair. Pas un côté sombre du côté des héroïnes, côté sombre qui est par ailleurs parfaitement incarné par la méchante Letty Barclay, gosse de riche prête à tous les méfaits. Situations manichéennes s’il en est. Facilité donc, de caractères sans surprise en personnages prévisibles, les Soeurs Parker ont quelque peu perdu à la lumière de mes trente ans le charme qu’elles revêtaient quand j’en avais douze. Soit dit en passant, elles ont quand même 70 ans, les sisters, et on pourrait presque se dire qu’elles étaient presque dévergondées, à partir à l’aventure sans répit. Je crois que ce qui énerve le plus est cependant leur perfection. Leurs copains, quant à eux (présents dans l’autre tome) sont en revanche insiginifiants au possible. Allez... je l’avoue, je me suis quand même revue quelques années en arrière et si mon esprit critique s’est (un peu) affûté, j’ai apprécié le regard nostalgique.
Soyons bon(d) public, la lecture des Soeurs Parker pour quiconque ne les a pas fréquenté dans sa jeunesse peut s’avérer fastidieuse, mais pour commencer à lire, pourquoi pas ? En plus, je me dis que si Mary Higgins Clark peut écrire cent fois le même roman, je ne vois pas pourquoi on jetterait la pierre au consortium (voir ce site sur le sujet) qui écrivait ces histoires. Je vous épargnerai cependant une critique des Patineurs de la nuit, l’autre volume acheté au marché aux livres anciens, elle serait redondante.
Voir aussi :
* ce site sur les aventures complètes des Dana Girls, nom en V.O. des Soeurs Parker.
* le site de F. Lebrun sur La Bibliothèque Verte, avec une section sur les Soeurs Parker |