
L’anneau du pêcheur
article du 14 octobre
2003
lu (ou relu) le 12 octobre 2003
France - 1995
Auteur(s) : Jean Raspail
Le manque de constance du lecteur n’a probablement d’égal que celui de l’auteur. De Jean Raspail, j’avais lu, et même relu Qui se souvient des hommes , que j’avais vraiment apprécié. C’est donc sur ces bases que j’ai acheté L’anneau du pêcheur.
Je n’irai pas jusqu’à dire "mal m’en a pris", mais presque. On ne devrait jamais avoir en tête un roman lorsqu’on en lit un autre du même auteur. Peut-être est-ce le thème qui m’a rebutée, peut-être l’écriture. Peut-être simplement un mauvais choix au mauvais moment.
La narration de L’anneau du pêcheur est un va et vient entre le XXème et le XIVème et XVème siècles. Fresque historique d’un côté, roman de l’autre, les deux histoires évoluent, l’une éclairant peu à peu l’autre. L’homme du vingtième siècle est un vestige du XIVème. Ou semble être. Ou pourrait être.
Je crois que j’ai "apprécié" chaque partie à sa juste valeur, mais que les deux ensembles, pour une raison qu’il m’est difficile de décrire ici, ne m’ont que peu touchée.
De la fresque historique, je retiendrai un personnage évidemment, le pape Benoît XIII, Pedro de Luna, force de la nature, refusant tout chantage à l’abdication et perpétuant ainsi le Schisme qui divisa si longtemps l’Eglise Catholique. La peinture que Jean Raspail fait du personnage est empreinte sinon d’admiration, du moins de respect, pour un homme qui refuse de se soumettre à des "lois" humaines car il est sûr d’être "le vrai pape".
Du roman je retiendrai l’humilité apparente du vieil homme dont le but ultime est Rome, la façon dont son passage bouleverse les vies de ceux qu’il croise.
Et pourtant, les deux histoires ne se rejoignent finalement pas si fluidement que ça, et m’ont laissé un goût de non achevé, une certaine frustration. outre la difficulté à suivre les deux histoires en même temps, je n’ai pas trouvé dans l’une la justification de l’autre. J’aurais je crois préféré la simple fresque historique, et me serai contenté de la galerie de personnages que ce temps de l’histoire a laissé à la postérité.
Je regrette donc non pas une histoire, mais une voix de conteur que j’ai trouvée floue et emberlificotée. L’auteur aurait certainement pu faire de cet écheveau embrouillé deux histoires bien distinctes, qui auraient certainement chacune pris plus de valeur à mes yeux.
Il va même falloir que je relise Qui se souvient des hommes pour retrouver mon âme de bon(d) public et me convaincre que Jean Raspail est un auteur que j’apprécie. |