
Agnes Grey
article du 17 août
2003
lu (ou relu) le 14 août 2003
GB - 1847
Auteur(s) : Anne Brontë
L’autre soeur Bronte, donc. La troisième, celle qu’on ne connaît pas, parce qu’elle n’a écrit ni Jane Eyre, ni Les hauts de Hurlevent. Remarquez, elle a à peine eu le temps d’écrire deux romans, et quelques poèmes.
Bon...comment dire. Je suppose qu’il doit y avoir un temps pour tout. Vous savez, le film qu’on déteste parce qu’on n’est pas d’humeur, le bouquin qui laisse froid pour des raisons obscures.
J’avais lu The Tenant of Wildfell Hall, l’autre roman d’Anne Brontë, et j’en garde un souvenir de bouquin que l’on dévore et duquel on ne peut se sortir. Eh bien pour faire très court, Agnes Grey ne lui arrive pas à la couverture.
HISTOIRE : Bien sûr, le décor de l’Angleterre victorienne n’est pas toujours folichon, mais lorsqu’on lit les autres soeurs, ou Jane Austen par exemple, on se dit qu’il a quand même été à la souce d’oeuvres magnifiques. Même The Tenant of Wildfell Hall, autant qu’il m’en souvienne, faisait preuve d’une certaine audace. Disons qu’Agnes Grey s’empêtre dans des ronds de jambe et des poncifs un peu tristes. L’histoire est jouée d’avance, les personnages peu intéressants. Pas de vrais contrastes, sauf peut-être Mr. Weston, amoureux pas transi, dont on se demande presque comment il a pu tomber amoureux d’Agnes, pâlote gouvernante. La critique de la société victorienne est présente, mais elle est si voilée et si empreinte de puritanisme qu’on a du mal à la trouver, et c’est finalement à travers Rosalie Murray, amie improbable que l’on a un véritable aperçu de la condition féminine en ce temps-là.
NARRATION : La forme du journal intime, pas si "journal" que ça, et à peine "intime", car l’auteur s’adresse au lecteur à tout bout de champ (ce qui vous en conviendrez, n’est plus très "intime". Du coup, la pudeur est présente à chaque ligne et fait peser sur la narration une chappe de plomb.
Bref, il faut croire qu’Anne Brontë a des raisons d’être moins connue que ses soeurs, car même mon âme bon(d) public n’a pas été vraiment touchée par ce roman. |