
Rencontre avec le dragon
article du 9 août
2003 France - 2003
Réalisation : Hélène Angel
Avec : Daniel Auteuil (Guillaume De Montauban), Nicolas Nollet (Félix), Sergi Lopez (Raoul de Ventadour), Emmanuelle Devos (Gisela Von Bingen), Gilbert Melki (Mespoulède), Titoff (Hughes de Pertuys), Maurice Garrel (le duc de Belzince), Claude Perron (Isabelle de Ventadour)
Partir au cinéma sans aucun préjugé, c’est bien. Enfin, je trouve. Quand on ne sait absolument pas ce qu’on va voir, je suppose que l’on est moins "déçu" ou "conditionné" qu’en s’attendant au film du siècle, ou au navet de la décennie. C’est dans cet état d’esprit que j’ai vu Rencontre avec le dragon, plus par hasard que par envie.
Je me disais...bon, un film avec Daniel Auteuil, ça ne peut pas être si mauvais. J’avais tort.
SCENARIO : L’histoire est simple (au départ). Félix a quinze ans, et rêve de rencontrer Guillaume de Montauban, son héros, le Dragon. Jusque là, tout va bien. Sauf que la quête de Félix est terminée avant d’avoir commencé, et qu’il rencontre le Dragon dans les dix premières minutes du film. Passe encore. Il le suit, et là, tout part en "live" comme dirait ma soeur. S’ensuit une histoire ésotérique et bizarre de quête, de trahisons et de fantômes (oui, oui, dans cet ordre là), que j’ai eu du mal à suivre. Passe encore, on mettra sur le compte de la chaleur et de mon cerveau liquéfié.
ACTEURS/PERSONNAGES : Ca commence avec Félix, le jeune, très mignon, mais pas terrible, jeu un peu poussif, pas très crédible. On attend Auteuil avec impatience. Et là, grande déception... même Daniel ne fait pas la différence. Il faut dire que les rôles, et en particulier les dialogues, sont plats et creux. Un niveau de langue perdu entre aujourd’hui et hier (le film est sensé se passer au Moyen-Age), des réflexions tristes et sans saveur. Allez, un peu de ténacité, reste Sergi Lopez. Qui apparaît en benêt de service, est sensé ( ?) être drôle, mais en fait pathétique. Il se transforme en sanglier. C’est le pompon. Reste Emmanuelle Devos, en mère supérieure dévoyée, pas mieux. Aaaarghhh, je craque, je rentre chez moi. Non allez, je reste jusqu’au bout.
REALISATION : Pensez-vous, je viens du pays des châteaux cathares et de la plus grande cité médiévale au monde, alors le Moyen-Age, ça me connaît. Mais non, même ça, c’est raté. Sans compter les paysages qui pourraient être beaux, mais ils sont filmés n’importe comment, sans en saisir la vie, tout est désolé, et désolant. Je passe sur les plans fixes de deux minutes sur la lune (au moins deux fois, voire trois, dans le cours du film), qui n’apportent rien de rien à l’histoire, on dirait que la réalisatrice n’avait rien à dire, la lune comme un cheveu sur la soupe, on aura tout vu. Je passe aussi la scène d’ouverture, un incendie faux comme du carton pâte...et celle de l’arrivée du pape, une espèce de pâle copie de rituels tribaux, avec une touche de Jean-Paul Goude, bizarre.
Vous l’aurez compris, pour une fois, mon esprit bon(d) public n’a pas supporté. Je range ce film sur l’étagère des sous-nullités intergalactiques, qui n’apporte rien, ne dit rien. Dommage, j’étais plutôt bien disposée. Peut-être aussi n’ai-je rien compris. Mais alors, j’attends qu’on m’explique.
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